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lunes, 12 de noviembre de 2012

SUR LA ROUTE 66 DE L’OSTEOPATHIE. LE CHEMIN D’ALAIN ABEHSERA


Antonio Ruiz de Azúa  Mercadal

 



Revue L’ostéo4pattes. Ed. Vetosteo. Revista N°16. Mars 2010. France.


Traduit de l´espagnol par Manuela Rangeard D.O.MRO (F).
  

«N’importe quoi est un chemin parmi de multiples chemins. C’est pour cela que tu dois toujours avoir à l’esprit qu’un chemin n’est qu’un chemin; si tu sens que tu ne devrais pas le suivre, tu ne dois le suivre sous aucune condition. Pour avoir cette clarté tu dois mener une vie disciplinée. Tu sauras alors qu’un chemin n’est qu’un chemin. Le quitter ne sera pas un affront ni pour toi ni pour les autres, si c’est ton cœur qui te le dit. Mais ta décision, d’y rester ou de le quitter, doit être libre de la peur ou de l’ambition. Je te préviens. Regarde de près chaque chemin et avec intention. Essaie-le autant de fois que tu l’estimes nécessaire. Après pose-toi une question, à toi seul. C’est une question que seulement un homme très âgé se pose. Mon bienfaiteur m’en parla une fois quand j’étais jeune, et mon sang était très vigoureux pour que je la comprenne. Maintenant oui, je la comprends. Je vais te la dire: ce chemin a du cœur? Tous les chemins sont les mêmes; ils ne mènent nulle part. Ce sont des chemins au milieu des buissons. Je peux dire que dans ma propre vie j’ai parcouru de longs chemins, longs, mais je ne suis nulle part. Maintenant la question de mon bienfaiteur a un sens. Ce chemin a du cœur? S’il en a, le chemin est bon; sinon, il ne sert à rien. Aucun chemin ne mène quelque part, mais l’un a du cœur et l’autre non. L’un fait que le voyage est joyeux; pendant que tu le poursuis tu es un avec lui. L’autre te fera maudire ta vie. L’un te fait fort; l’autre t’affaiblit.» Castaneda (1).


Vers le milieu des années 90 circulait parmi les ostéopathes une légende urbaine sur l’existence en Israël d’un mystérieux ostéopathe appelé Alain Abehsera. Selon cette légende, Abehsera avait développé une nouvelle vision de l’ostéopathie qui transcendait le fait de toucher le patient. A cet époque là cette nouvelle éveilla chez beaucoup d’ostéopathes, moi parmi eux, le désir de connaître un jour un si mystérieux personnage et ses nouvelles propositions.

        Abehsera a été un personnage clé dans la construction de ponts entre l’ostéopathie américaine et européenne. En 1972 il fut cofondateur, professeur et élève de l’école d’ostéopathie ESO- Maidstone dans laquelle il obtint son diplôme en 1975, le diplôme n° 1 de cette école.Ultérieurement, en 1985, il eut le diplôme de médecin à  la Faculté de Médecine à Paris.

Un de ses premiers buts, une fois les études d’ostéopathie finies, fut d’aller aux U.S.A. pour rencontrer les auteurs des Yearbooks de l’Association Américaine d’Ostéopathie. Certains d’eux avaient connu Still et Sutherland, ils étaient d’un âge avancé, donc le voyage ne devait trop tarder.

«Je voulais aussi rencontrer tous ces auteurs qui m’avaient fait rêver. Et surtout, surtout, toucher ou voir ceux qui avaient connu Still. C’était urgent. Ils mourraient tous, je me sentais obligé de toucher la Tradition pour la recevoir et la transmettre.»  Abehsera (3).

Tel un moderne pèlerin des chemins de l’ostéopathie, Abehsera fit entre 1.975 et 1.976 plusieurs voyages aux U.S.A. pour rencontrer Perrin T. Wilson, Howard et Rebeca Lippincot, Beryl Arbuckle, William Johnston, Rollin Becker, Viola Frymann, John Upledger, Irvin Korr, Mitchell Jr., Laurence H. Jones, etc.

Les Etats Unis est un pays jeune qui manque de routes initiatiques comme le chemin de Compostelle ou celui de La Mecque. A leur place, les nord américains ont créé d’autres voies de pèlerinage plus appropriées à leurs valeurs et à leur style de vie. La plus connue d’entre elles est la «Route 66 », appelée aussi «rue principale d’ Amérique» ou «Mother Road». La «Route 66» fut construite dans les années 30 du siècle passé pour relier les côtes est et ouest des U.S.A., elle traverse le territoire où est née l’ostéopathie. Actuellement, parcourir cette route, surtout si c’est en Harley Davidson ou en Corvette, est devenu un parcours initiatique où à la place des ermitages, cathédrales et auberges pour les pèlerins on trouve des anciennes stations d’essence, des vieux cafés, et des motels routiers pareillement emblématiques.

          Grâce à ses entretiens avec les auteurs des Yearbooks, Abehsera connut l’esprit singulier des pionniers de l’ostéopathie, et il se proposa de le partager avec ses compagnons européens. A partir de ce moment et par sa médiation, quelques uns des plus importants ostéopathes américains d’alors, comme Upledger, Jones, Mitchell y Korr traversèrent l’Atlantique pour donner leurs cours en Europe.

Finalement, au solstice d’été de 2.009, et grâce à Pau Dalmau et à ses collègues de la Fundació Escola d´Osteopatia de Barcelona, mon souhait fut accompli.

Abehsera débuta son cours en affirmant qu’il était venu à Barcelonne pour nous montrer l’endroit du chemin où se trouvait l’ostéopathie actuellement. Il était parti de France pour l’Angleterre pour y étudier l’ostéopathie, avait continué ses voyages dans différents pays d’Europe, aux Etats Unis, et en Israël, et finalement, il était retourné en France. Et ce fut en France, pendant une maladie grave, que finalement il se «transforma» en un vrai ostéopathe, c’est à dire un malade des os. Pouvait-il en être autrement?. Celui qui n’a jamais été malade peut-il avoir de l’empathie avec le malade et soulager sa souffrance?. Peut-il connaître la profondeur de l’ostéopathie s’il ne s’est pas «transformé» auparavant en un ostéopathe?

Il ne suffit pas d’avoir une vaste connaissance théorique et pratique dans l’art de l’ostéopathie pour se considérer ostéopathe. Notre capacité intellectuelle et technique peut nous conduire à être des «doctes» et des ostéopathes expérimentés, mais pour atteindre un savoir au delà de la raison et pour pouvoir se «transformer» en ostéopathe il est nécessaire d’avoir vécu l’expérience. La mythologie grecque raconte que le centaure Quiron souffrait d’atroces douleurs à cause d’une blessure incurable d’une flèche. Quiron était le fils d’un dieu, donc un être immortel, condamné à souffrir éternellement. Non résigné devant cette maladie, il commença la recherche d’un traitement pour sa blessure, il découvrit ainsi les secrets de l’art de la médecine qu’il transmit à son disciple Esculape, dieu de la médecine.

De la même manière, déçu par la médicine de son époque incapable d’éviter la mort de ses enfants après une maladie infectieuse, Still commença ses recherches dans d’autres thérapies, et il découvrit l’ostéopathie le 22 janvier 1.874.

Finalement, ce fut aussi sa propre maladie qui poussa Abehsera à chercher un remède pour sa guérison. Il avait reçu des traitements physiques et chimiques propres à la médecine traditionnelle, basée en la matière, sans les résultats escomptés. Et à cause de cela il prit la décision de chercher lui même un remède dans les champs de l’intangible, de l’immatériel. En plus, Abehsera comprit qu’il ne trouverait pas la solution à sa maladie à l’extérieur de lui même, de son «moi», ni même par «l’autre», mais à l’intérieur de lui même. Comme le personnage du roman «L’Alchimiste» de Paulo Coelho, Abehsera avait fait des voyages loin de son foyer à la recherche de trésors enfouis dans de lointains pays pour, finalement, découvrir que ces trésors gisaient sous le sol de son propre foyer.

En tant que croyant pieux, Still croyait dans la bonté de Dieu. Il affirmait que le Créateur avait déposé à l’intérieur de chaque homme les remèdes nécessaires à sa guérison. Grâce à l’ostéopathie ces remèdes pouvaient être activés et on obtenait ainsi la guérison. Abehsera comprit le message de Still et commença la recherche d’une méthode d’auto guérison avec laquelle on n’aurait pas besoin d’une aide extérieure pour avoir accès à ces remèdes.

          Abehsera découvrit qu’un grand nombre de structures corporelles se présentent sous une forme duelle. Par exemple, l’hémisphère cérébral gauche était étroitement relié au droit, le foie au cœur, etc. Les rapports entre le cœur et le foie suivaient des lois semblables à celles du roi et de la reine dans une partie d’échecs; quand on cassait ces lois la maladie apparaissait. Dans ce cas là la fonction de l’ostéopathe était de rétablir les lois afin d’obtenir à nouveau l’harmonie. L’art d’établir la relation entre le roi et la reine, comme le processus alchimique qui produit le rajeunissement; Comme dit Abehsera «nous devons chercher dans le traitement l’élégance et la noblesse».

Mais comment fait-on un traitement ostéopathique? D’après Abehsera, avant de guérir les tissus de ses patients, l’ostéopathe doit rajeunir ses tissus corporels par un procédé d’auto guérison. Aldoux  Huxley écrivait: «Il existe au moins un coin de l’univers que tu peux améliorer en toute sécurité, c’est toi même» (4)

Abehsera et son collaborateur, Michel, proposèrent aux participants du séminaire une méthode de 15 points pour améliorer l’auto conscience corporelle et l’équilibre interne. De manière délibérée, l’ordre d’exécution de cette liste n’était pas établi et chacun pouvait le faire de façon chaotique, sans suivre un ordre. Selon la «Théorie du Chaos», les événements qui suivent des patrons chaotiques sont les plus flexibles, ils peuvent s’adapter à toute circonstance qui se présente, puisqu’ils ont à l’intérieur toutes les combinaisons possibles. Par exemple, grâce aux patrons chaotiques il a été possible la vie sur Terre, car les êtres vivants très spécialisés, dont les fonctions sont établies de façon rigide, ne peuvent pas s’adapter aux changements de l’environnement et disparaissent. Comme  cela arrive de façon récurrente, il ne serait pas étonnant que beaucoup des concepts académiques, rigides et dogmatiques de l’ostéopathie actuelle ne puissent résister à la poussée des idées nouvelles, en apparence plus chaotiques, et ils seront oubliés.

Les nouvelles propositions d’Abehsera éveillèrent parmi les participants du séminaire des opinions contraires. Tandis que certains se montrèrent ouverts et encouragés par son discours, d’autres les mirent en question. Mais personne ne resta indifférent. La capacité d’éveiller des émotions et de générer des débats entre les élèves est une qualité des bons maîtres.

Il y a en ostéopathie des chemins qui traversent des terrains plats et on les fait d’un pas rapide et léger, tandis que d’autres chemins, plus tortueux et escarpés, nous obligent à avoir un pas lent et fatigant.

«L’escalie de l’ostéopathie… est un bel escalier. Dès le départ, on ne sait pas où il vous emmène.

On peut partir à plusieurs mais aucun n’aura les mêmes marches devant lui.

Il est là et nous propose un pas de plus chaque jour. Ensuite le  long de l’ascension on ne sait toujours pas quelle sera la marche suivante, dans quelle direction et quel paysage elle montrera…»  Patrick Chêne (2)

          Les jeunes ostéopathes, les études finies, vont aller sur des sentiers tracés par leurs professeurs, mais avec le temps ils abandonneront les chemins connus et sûrs à la recherche d’autres plus en accord avec leur personnalité. Graham Bell conseillait: «ne marche pas sur le chemin tout tracé, car il te conduit seulement là où les autres sont allés». Beaucoup d’entre eux n’abandonneront pas les sentiers connus de l’orthopédie, c’est-à-dire, de la matière et la structure. Tandis qu’à d’autres, comme Abehsera, leur cœur va les guider sur les champs inconnus de l’intangible. Aucun de ces chemins n’est meilleur que l’autre . Aucun d’eux ne peut s’attribuer le mérite d’être le parcours du vrai sentier de l’ostéopathie, comme Patrick Chêne nous rappelle: «L’Ostéopathie n’existe pas, les ostéopathes eux existent».

Personnellement il m’a été très réconfortant de connaître, enfin, ce «rajeuni» voyageur des routes de l’ostéopathie. Un marcheur qui nous encourage à ouvrir et à parcourir nos propres routes.

         L’ostéopathie est un chemin qui nous rendra heureux si nous le faisons avec cœur…  avec cœur ou avec foie?


NOTE  DE  L’AUTEUR: Abehsera, expert cabaliste, joue avec «foie» et «foi», identiques phonétiquement.

BIBLIOGRAPHIE

1 - Castaneda, C. Las enseñanzas de Don Juan. Fondo de Cultura Económica. México. 4ª reimpresión. 1978.

2 - Chêne, P.  Editorial. Revue L´ostéo4pattes. Ed. Vetosteo. 2009; 12: 3.

3 - Ducoux, B. Yearbook story. Entretien avec Alain Abraham Abehsera, DO. MD. Académie d´Ostéopathie de France. AposStill. 2002; 11-12: 56-66.

4 - Huxley, A. Las puertas de la percepción. Edhasa. Barcelona. 1992.




POR LA RUTA 66 DE LA OSTEOPATÍA. EL CAMINO DE ALAIN ABEHSERA


Antonio Ruiz de Azúa Mercadal





Revue L’ostéo4pattes. Ed. Vetosteo. N°16. Mars 2010. France.


“Cualquier cosa es un camino entre cantidades de caminos. Por eso debes tener siempre presente que un camino es sólo un camino; si sientes que no deberías seguirlo, no debes seguir en él bajo ninguna condición. Para tener esa claridad debes llevar una vida disciplinada. Sólo entonces sabrás que un camino es nada más que un camino, y no hay afrenta ni para ti ni para los otros en dejarlo, si eso es lo que tu corazón te dice. Pero tu decisión de seguir en el camino o de dejarlo debe estar libre de miedo y de ambición. Te prevengo. Mira cada camino de cerca y con intención. Pruébalo tantas veces como consideres necesario. Luego hazte a ti mismo, y a ti solo, una pregunta. Es una pregunta que sólo se hace un hombre muy viejo. Mi benefactor me habló de ella una vez cuando yo era joven, y mi sangre era demasiado vigorosa para que yo la entendiera. Ahora sí la entiendo. Te diré cuál es: ¿tiene corazón este camino? Todos los caminos son lo mismo; no llevan a ninguna parte. Son caminos que van por el matorral. Puedo decir que en mi propia vida he recorrido caminos largos, largos, pero no estoy en ninguna parte. Ahora tiene sentido la pregunta de mi benefactor. ¿Tiene corazón este camino? Si tiene, el camino es bueno; si no, de nada sirve.  Ningún camino lleva a ninguna parte, pero uno tiene corazón y el otro no. Uno hace gozoso el viaje; mientras lo sigas, eres uno con él. El otro te hará maldecir tu vida. Uno te hace fuerte; el otro te debilita.” Castaneda (1)



          A mediados de los años 90 corría entre los osteópatas españoles una leyenda urbana sobre la existencia en Israel de un misterioso osteópata llamado Alain Abehsera. Según esta leyenda, Abehsera había desarrollado una nueva visión de la osteopatía en la que se trascendía el hecho de tocar al paciente. En aquella época esta noticia despertó en muchos osteópatas, entre los cuales me encontraba, el deseo de conocer algún día a tan misterioso personaje y sus nuevas propuestas.

           Abehsera ha sido un personaje clave en la construcción de puentes entre la osteopatía americana y la europea. En 1972 fue cofundador, profesor y alumno de la escuela de osteopatía ESO-Maidstone en donde se graduó en 1975 con el diploma nº 1 de dicha escuela. Posteriormente, en 1985, también se graduó en Medicina en París.

             Una de las primeras metas que se propuso alcanzar al finalizar sus estudios de osteopatía fue viajar a los Estados Unidos de América para entrevistarse con los autores de los Yearbooks de la Asociación Americana de Osteopatía. Algunos de ellos conocieron a Still y a Sutherland por lo que, debido a su avanzada edad, ese viaje no podía demorarse.

"Yo quería conocer a todo aquellos que me habían hecho soñar. Y sobre todo tocar o ver a los que habían conocido a Still. Esto era prioritario ya que se estaban muriendo y tenía necesidad de tocar la Tradición para recibirla y transmitirla." Abehsera (3)

            Como un moderno peregrino de los caminos de la osteopatía, Abehsera realizó entre 1975 y 1976 varios viajes al interior de Estados Unidos para entrevistarse con Perrin T. Wilson, Howard y Rebeca Lippincott, Beryl Arbuckle, William Johnston, Rollin Becker, Viola Frymann, John Upledger, Irvin Korr, Mitchell Jr., Laurence H. Jones, etc.

Estados Unidos es un país joven que carece de rutas iniciáticas como el camino de Santiago o el de La Meca. En su lugar los norteamericanos han creado  otras vías de peregrinación más acordes con sus valores y estilo de vida. La más famosa de ellas es la “Ruta 66”, también llamada “la calle principal de América” o "Mother Road". La “Ruta 66” se construyó en los años 30 del pasado siglo para unir las costas este y oeste de los Estados Unidos, atravesando el territorio en donde nació la osteopatía. Actualmente recorrer esta ruta, sobre todo si se hace sobre una Harley Davidson o en un Corvette, se ha convertido en un recorrido iniciático en donde las ermitas, catedrales y albergues de peregrinos han sido sustituidos por antiguas gasolineras, viejos cafés y moteles de carretera igualmente emblemáticos.

Gracias a sus entrevistas con los autores de los Yearbooks, Abehsera conoció de primera mano el genuino espíritu de los pioneros de la osteopatía, conocimiento que se propuso compartir con sus compañeros europeos. A partir de aquel momento, y gracias a su mediación, algunos de los más importantes osteópatas americanos del momento como Upledger, Jones, Mitchell y Korr empezaron a cruzar el Atlántico para impartir sus enseñanzas en Europa.

Finalmente, en el solsticio de verano de 2009, y gracias a Pau Dalmau y a sus compañeros de la Fundació Escola d´Osteopatia de Barcelona, mi deseo de conocer a Alain Abehsera se vió cumplido.

Abehsera inició el curso afirmando que había venido a Barcelona para mostrarnos el punto en el camino de la osteopatía donde actualmente se encontraba. Partió de Francia hacia Inglaterra para estudiar allí osteopatía, continuando su andadura por diversos países de Europa, Estados Unidos e Israel, regresando finalmente a Francia. Y fue en Francia, durante una grave enfermedad, cuando Abehsera finalmente se <<transformó>> en un auténtico osteópata, es decir, en un enfermo de los huesos. ¿Podría ser de otra forma? ¿Puede tener empatía con el enfermo y aliviar su sufrimiento quien nunca ha estado enfermo? ¿Puede conocer la profundidad de la osteopatía quien previamente no se ha <<transformado>> en un osteópata?

         No basta poseer un extenso conocimiento teórico y práctico del arte de la osteopatía para considerarse osteópata. Nuestra capacidad intelectual y técnica puede conducirnos a ser <<doctos>> y experimentados osteópatas, pero para alcanzar un saber más allá de la razón y llegar a <<transformarse>> en osteópatas se precisa pasar por la vivencia. La mitología griega cuenta que el centauro Quirón padecía terribles dolores a causa de una herida incurable de flecha. Quirón era el hijo de un dios, y por tanto un ser inmortal, condenado a sufrir eternamente. No resignándose ante su enfermedad, emprendió la búsqueda de un tratamiento para su herida, descubriendo así los secretos del arte de la medicina, que transmitió a su discípulo Esculapio, dios de la medicina.

       Así mismo, Still, desilusionado con la medicina de su época por no ser capaz de evitar la muerte de sus hijos tras una enfermedad infecciosa, inició la búsqueda de otras terapias, descubriendo el 22 de junio de 1874 la osteopatía.

       Finalmente, también fue su propia enfermedad la que impulsó a Abehsera a buscar un remedio, a su curación. Había recibido tratamientos físicos y químicos característicos de la medicina tradicional, basada en la materia, pero no obtuvieron la respuesta esperada. Por ello tomó la decisión de buscar por su cuenta un remedio en los campos de lo intangible, de lo inmaterial. Además Abehsera comprendió que la solución a su enfermedad no la encontraría en el  exterior de su “yo”, en el “otro”, sino en el interior de sí mismo. Como el personaje de la novela “El Alquimista” de Paulo Coelho, Abehsera había realizado viajes lejos de su hogar buscando tesoros enterrados en países lejanos para, finalmente, descubrir que dichos tesoros se hallaban bajo el suelo de su propio hogar.

Como piadoso creyente, Still creía en la bondad de Dios. Afirmaba que el Creador había depositado en el interior de todos los hombres los remedios necesarios para su curación. Gracias a la osteopatía se podían activar estos remedios, permitiendo la curación. Abehsera comprendió el mensaje de Still y emprendió la búsqueda de un método de autocuración en el que no fuera necesaria la ayuda externa para acceder a estos remedios.

          Abehsera descubrió que muchas estructuras corporales se presentan funcionalmente de forma dual. Por ejemplo, el hemisferio cerebral izquierdo estaba estrechamente relacionado con el derecho, el corazón con el hígado, etc. Las relaciones entre el corazón y el hígado seguían leyes parecidas a las del rey y la reina en una partida de ajedrez; cuando estas leyes se quebrantaban se producía la enfermedad. En este caso la función del osteópata sería la de restablecer las leyes para conseguir de nuevo la armonía. El arte de relacionar el rey y la reina, de forma parecida al proceso alquímico, produce el rejuvenecimiento. Como afirma Abehsera “hemos de buscar en el tratamiento la elegancia y la nobleza”.

Pero, ¿cómo se realiza un tratamiento osteopático? Según Abehsera, antes de sanar los tejidos de sus pacientes, el osteópata debe rejuvenecer sus tejidos corporales mediante un proceso de autocuración. Como afirmaba Aldoux Huxley: "Existe al menos un rincón del universo que con toda seguridad puedes mejorar, y eres tú mismo." (4)

           Abehsera y su colaborador, Michael, propusieron a los asistentes del seminario un método de 15 puntos destinado a mejorar la autoconsciencia corporal y el equilibrio interno. De forma deliberada, el orden de ejecución de esta lista no estaba establecido, por lo que cada uno podía realizarlo de forma caótica, sin seguir un orden. Según la “Teoría del Caos”, los acontecimientos que siguen patrones caóticos son los más flexibles, pudiéndose adaptar a todas las circunstancias que se presenten, ya que albergan en su interior todas las combinaciones posibles. Por ejemplo, gracias a los patrones caóticos ha sido posible la vida en la Tierra ya que los seres vivos muy especializados, cuyas funciones estaban establecidas de forma rígida, no pudieron adaptarse a los cambios de su entorno y desaparecieron. Como sucede de forma recurrente, no sería extraño que muchos conceptos académicos, rígidos y dogmáticos de la osteopatía actual no puedan resistir el empuje de las nuevas ideas, aparentemente más caóticas, y sean olvidados.

Las nuevas propuestas de Abehsera despertaron entre los asistentes al seminario opiniones encontradas. Mientras unos se mostraron abiertos y esperanzados ante sus palabras, otros las cuestionaron. Pero nadie quedó indiferente. La capacidad de despertar emociones y generar debates entre sus alumnos son cualidades de los buenos maestros.

En osteopatía existen caminos que atraviesan terrenos llanos por los cuales el caminante transita con paso rápido y ligero, mientras que otros, más tortuosos y empinados, obligan a un paso lento y fatigoso.

           "La escalera de la osteopatía es una bella escalera. Desde su inicio no sabemos a donde nos llevará.
            Podemos empezar a recorrerla junto con otros compañeros aunque ninguno realicemos su recorrido con el mismo paso.
            Ella está allí proponiéndonos un nuevo paso cada día sin que sepamos, a lo largo de su ascenso, cual será el siguiente paso, su dirección y qué paisaje nos mostrará."   Patrick Chêne (2)

Al finalizar sus estudios, los jóvenes osteópatas discurren por sendas trazadas por sus profesores, pero con el tiempo irán abandonando los caminos conocidos y seguros en busca de otros más acordes con su personalidad. Graham Bell aconsejaba: "nunca andes por el camino trazado, pues él te conduce únicamente hacia donde los otros fueron". Muchos de ellos no abandonarán las conocidas sendas de la ortopedia, es decir, de la materia y de la estructura. Mientras que a otros, como Abehsera, su corazón les guiará por los desconocidos campos de lo intangible. Ninguno de estos caminos es mejor que el otro. Ninguno de ellos puede atribuirse el mérito de discurrir por la auténtica senda de la osteopatía ya que, como nos recuerda Patrick Chêne, ”no existe la osteopatía, existen los osteópatas.”

Personalmente ha sido reconfortante conocer, por fin, a este “rejuvenecido” viajero de las rutas de la osteopatía. Un caminante que nos anima a descubrir y recorrer nuestras propias rutas.

La osteopatía es un camino que nos hará felices si lo recorremos con corazón...  ¿con corazón o con hígado?

NOTA DEL AUTOR: Abehsera, como experto cabalista, juega con las palabras francesas ”foie” (hígado) y “foi” (fe), idénticas fonéticamente.


BIBLIOGRAFIA

1 - Castaneda, C. Las enseñanzas de Don Juan. Fondo de cultura económica. México. 4ª reimpresión. 1978.

2 - Chêne, P.  Editorial. Revue L´ostéo4pattes. Ed. Vetosteo. 2009; 12: 3.

3 - Ducoux, B. Yearbook story. Entretien avec Alain Abraham Abehsera, DO. MD. Académie d´Ostéopathie de France. AposStill. 2002; 11-12: 56-66.

4 - Huxley, A. Las puertas de la percepción. Edhasa. Barcelona. 1992.